Déception, Fantasy, Roman, Romance, Young Adult

Le Royaume assassiné

Une sirène meurtrière et un prince aventurier vont devoir s’allier malgré eux.
Une réinterprétation très sombre de « La Petite Sirène ».

Lira est la sirène la plus dangereuse de l’océan. Elle a déjà pris le cœur de dix-sept princes qui sont tombés sous son charme. Mais un jour, tout bascule lorsqu’elle tue l’une de ses semblables. Pour la punir, sa mère la Reine des Mers transforme Lira en ce qu’elle déteste le plus : une humaine. Elle lui donne alors jusqu’au solstice d’hiver pour lui apporter le cœur du Pince Elian, ou bien elle restera sous cette forme pour l’éternité.

De son côté, le Prince considère l’océan comme sa demeure, même s’il est l’héritier du plus grand des royaumes. Chasser les sirènes est sa raison d’être. Mais lorsqu’il sauve une jeune femme qui se noie, il est loin de se douter de sa vraie nature… Pour le remercier, elle lui promet de l’aider à trouver le moyen de détruire toutes les sirènes, mais peut-il vraiment lui faire confiance ?

Je me doutais que ce roman serait une déception, c’est la raison pour laquelle il est resté longtemps dans ma pile à lire. Pourtant, l’histoire me tentait beaucoup, je ne l’avais pas acheté sans raison. Mais la maison d’édition n’est pas réputée pour la qualité de ses traductions et j’avais entendu, après la sortie du roman, qu’il en avait fait les frais. Déjà que lire un de leur roman après La Duperie de Guenièvre est toujours une petite peur, là l’angoisse était intense.

En effet, il y a bien eu des passages qui m’ont retourné le cerveau, sans parler des nombreuses fautes, mais la déception n’est pas que dans le travail éditorial français (si seulement ils sortaient moins de livres, mais faisaient preuve de qualité dans tous leurs ouvrages !).

Une version sombre ?

Le livre, comme vous pouvez le constater dans la quatrième de couverture, est vendu comme « très sombre », une version presque horrifique, plus gore, du conte d’Andersen. C’est ce à quoi je m’attendais, une histoire pleine de mystères et de ténèbres, des personnages sombres, des assassins. Je m’attendais à découvrir le conte sous un nouveau jour.

Cela n’arriva jamais…

Des personnages sombres ?

Lira n’est jamais présentée comme une dangereuse meurtrière sans foi ni loi. Dans les premiers chapitres, oui, on la voit tuer, mais elle-même explique qu’elle va tuer le prince sans le faire souffrir. On la voit tuer sans y prendre vraiment de plaisir. De plus, on la vante comme la plus dangereuse sirène des mers, mais elle ne se distingue des autres que parce qu’elle tue des princes, mais elle ne tue pas davantage, elle n’est pas plus violente. Elle n’est qu’une sirène parmi tant d’autres et seule sa famille la distingue. Pourtant, elle ne cesse de répéter qu’elle est une dangereuse meurtrière, amusant.

D’ailleurs, elle ne jouit d’une réputation de tueuse de princes que depuis qu’elle tue elle-même des princes, soit depuis quatre ans, mais d’où vient cette réputation ? Avant, c’est sa mère qui chassait pour elle, parce qu’elle était trop jeune, et la reine tuait déjà des princes avant pour elle. De plus, la mère et la fille se ressemblent, donc pourquoi il n’a pas juste eu passation de réputation ? Sans parler qu’elle ne tue qu’un prince par an, les princes étant tous d’un pays différent, donc pourquoi elle a fait sa réputation en seulement deux meurtres quand elle commence à tuer elle-même ? Ça n’a aucun sens ! Pour moi, c’est une grosse incohérence dans le roman.

Sa mère, quant à elle, est l’exemple même de la méchante. C’est finalement un roman assez manichéen, avec les gentils contre la très méchante, même si les gentils ne sont pour une fois pas totalement parfaits. La méchante n’est que méchante, je ne peux rien dire de plus sur elle. En fait, on ne sait même pas d’où ça sort, juste elle est là et elle veut tuer les humains et régner sur le monde.

Et enfin Elian. Alors lui, il m’a tout de suite tapé sur le système. Il dit ne pas être un prince, mais il n’y a finalement que ça qui lui permet d’être où il est, qui lui permet de faire ce qu’il veut. Il dit refuser son rôle de prince, mais c’est son titre de prince qui lui ouvre toutes les portes. Elian n’est présenté que comme un prince.

Des pirates ?

D’ailleurs, il ne cessait de répéter qu’il est un pirate, mais je crois que je ne sais pas ce qu’est un pirate. Si j’ai bien compris le livre, un pirate est quelqu’un qui voyage sur les mers. Voilà, c’est tout. Les pirates sont accueillis dans les palais comme tout autre invité royal, ils se baladent normalement en ville, ils ne s’attaquent pas aux autres bateaux, ils ne volent pas spécialement.

Qu’est-ce donc qu’un pirate ?

Donc un bateau marchant pourrait être un bateau pirate si les membres du bateau s’habillaient « comme des pirates » ? D’ailleurs, c’est quoi être habillé comme un pirate ? Porter plusieurs couches de vêtements et une arme ?

Les pirates m’ont semblé survolés, comme si l’autrice avait voulu leur présence sans savoir comment l’intégrer.

Elian est un chasseur de sirène, pas un pirate.

Une histoire Disney

Je pense que ces problèmes de manque de ténèbres viennent peut-être de mon âge et de mon expérience, peut-être que pour des lecteurs plus jeunes, des adolescents, ce sera une version sombre du conte. De mon côté, j’ai trouvé que tout était trop romancé, trop classique et surtout trop gentil. C’était une version sombre façon Disney, comme le film Maléfique qui nous vantait la vision méchante du conte de « La Belle au bois dormant », mais nous montrait une version gentille, naïve de la fée. Rien de bien méchant.

De plus, je me suis demandé si l’autrice avait lu le conte. Son roman rappelait le film d’animation Disney, aucun doute on retrouvait La Petite Sirène, c’est tout juste si les noms d’Ariel, d’Ursula, d’Éric n’étaient pas donnés, mais ce n’est pas le conte d’Andersen. Pour rappel, le conte originel est plus sombre, plus triste. Il se termine mal.

Bref, j’ai eu l’impression de voir du Disney. Cela aurait pu me plaire, mais ce n’est pas ce qu’on m’avait vendu, je n’ai pas retrouvé ce que j’attendais, et cela m’a déçue. Mais peut-être que ce roman peut plaire à d’autres. Je ne peux alors que vous recommander la version anglaise si vous souhaitez le lire, la version française recèle de fautes en tous genres.

Recommandations

Les Contes d’Andersen : Pour découvrir les contes, rien de mieux que d’aller à la source. Andersen n’a pas repris des contes oraux, il les a tous inventés et c’est un plaisir à découvrir. Ils changent des versions Disney, attendez-vous à du sombre comme à du rigolo.

Le Sorceleur d’Andrzej Sapkowski : Une version très sombre des contes, l’auteur présente une vision très pessimiste de l’humanité en générale.

Je n’ai moi-même pas lu avec la team, mais Dspoils a lu et fait une émission pour parler de ce roman. Le podcast commence avec une comparaison avec les Avengers, pour vous donner la couleur, j’ai beaucoup ri en écoutant l’émission.

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